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 Ziad Majed : le Liban prisonnier du statut quo
 Entrevues
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Ziad Majed est politologue et membre fondateur du «Mouvement de la gauche démocratique au Liban». Il a cosigné le premier rapport sur le développement humain du PNUD sur le Liban d’après-guerre. Il a coordonné des projets de recherche sur les systèmes électoraux, les conditions des femmes et les partis politiques dans le monde arabe. Il a publié deux livres en langue arabe, dont «Printemps de Beyrouth», Beyrouth : Dar an-Nahar, 2006. Nous nous sommes entretenu avec lui à propos de la situation politique actuelle au Liban. Entrevue réalisée par Aziz Enhaili pour Tolerance.ca ®.

 

 


Aziz Enhaili: Cinq mois s’étaient écoulés avant que le Premier ministre désigné, M. Saâd Hariri, ne réussisse à former son gouvernement. Quelles sont, selon vous, Dr. Majed, les principales raisons qui l’avaient empêché de le faire plus tôt? Et quels sont les facteurs qui l’y ont finalement aidé?

 

Ziad Majed: Trois facteurs importants ont rendu la tâche de la formation du gouvernement difficile. D’abord, un facteur externe. Vu la situation régionale et l’usage du Liban comme une «boîte aux lettres» pour envoyer des signaux et régler des comptes, plusieurs enjeux étaient reliés à la formation du gouvernement. Le plus important étant la volonté du régime syrien de forcer les Saoudiens (qui soutiennent Saâd Hariri) à renouer le contact avec Damas (qui soutient l’opposition) et demander sa coopération au Liban. Le contact était de la plus haute importance pour Damas. D’un côté, il signifiait une normalisation syro-saoudienne après quatre ans de rupture, et de l’autre il rappelait l’entente entre les deux pays durant les années 90 sur la «gestion» du Liban confiée aux Syriens après la deuxième guerre du golfe.

 

Ensuite, le deuxième facteur est interne. L’opposition ne voulait pas que la formation du gouvernement reflète les résultats des législatives du 7 juin dernier, qu’elle avait perdu. Elle s’est appuyée sur l’application libanaise de «la démocratie consociative», sur le fait que le président de la République, le président du Parlement, l’ancien principal leader de la majorité Walid Joumblat, et Saâd Hariri lui-même aient évoqué la formation d’un gouvernement «d’union nationale». Elle a également compté sur les retombées d’un accord syro-saoudien éventuel sur la «forme» du gouvernement et sur l’obligation qu’il soit représentatif de toutes les grandes formations politiques du pays. Elle a pratiqué un chantage afin de tirer le maximum de profits au niveau ministériel et sortir ainsi victorieuse politiquement pour faire oublier les élections. A cela s’est ajoutée la stratégie du Hezbollah de soutenir les conditions posées par son allié chrétien, le Général Michel Aoun afin de lui permettre de réapparaitre à nouveau comme le leader chrétien le plus « crédible ». Ce dernier, par ces conditions, a considérablement entravé la procédure de formation du gouvernement.

 

Un dernier facteur est relié lui au système politique libanais qui se montre pour plusieurs raisons incapable de gérer les crises qui ne cessent de se confessionaliser. Ce système, bien qu’il ait permit pendant des décennies au Liban d’être une exception démocratique dans sa région, n’arrive plus aujourd’hui (avec les changements dans la sociologie politique du pays et dans les donnes régionales qui pèsent sur sa stabilité) à résoudre les conflits. En fait, il est plutôt conçu pour éviter les conflits, en permettant aux grandes formations de se présenter au sein du pouvoir. Or quand il y a crise, son fonctionnement très rigide l’empêche d’offrir une issue.

 

A partir de là, on peut répondre à la deuxième question, à savoir comment la situation s’est débloquée. Tout simplement par ce qu’il y a eu l’entente entre l’Arabie saoudite et la Syrie, qui a «forcé» les acteurs libanais à coopérer, et qui a plus ou moins poussé M. Hariri à céder à la plupart des conditions d’Aoun, tout en obligeant ce dernier à montrer plus de «sensibilité» aux compromis de Hariri.

 

Deux éléments supplémentaires pour compléter ce paysage.

D’abord, le gouvernement sera celui de gestion des crises politiques, plus qu’un cabinet de «solutions». Il sera dans le même sens celui de statut quo en attendant les développements dans la région, notamment ceux liés à la question nucléaire iranienne vu la grande influence de l’Iran sur le Hezbollah, et vu les menaces israéliennes d’une guerre « par procuration » contre l’Iran, c'est-à-dire contre son allié libanais. Ensuite, les armes du Hezbollah ont pesé et pèseront sur toute dynamique politique libanaise à cause des craintes d’un scenario à la 7 mai 2008 (quand le Hezbollah a investi militairement Beyrouth et le Mont Liban) si jamais il y a des différends politiques importants.

 

Aziz Enhaili: Que signifie, selon vous, la formule privilégiée de «gouvernement d’union nationale» dans le contexte libanais? Quelles en sont les retombées potentielles d’un point de vue régional?

 

Majed: Le gouvernement d’union nationale signifie dans le contexte libanais la participation au pouvoir exécutif de toutes les grandes formations (chacune représentant une majorité confessionnelle). Cela veut dire que le principe démocratique classique «majorité – opposition» n’est plus en place; que la séparation des pouvoirs entre le législatif et l’exécutif est fictive, puisque le gouvernement est une reproduction du parlement. Plus problématique encore, cela veut dire que les choix des électeurs lors des élections générales sont peu décisifs dans la formation des gouvernements.

 

Par ailleurs, former des gouvernements d’union nationale a souvent été un recours pour faire face aux crises, surtout celles en relation avec le positionnement du Liban dans la région. Un positionnement sur lequel, non seulement il n’y a pas de consensus entre les Libanais, mais en plus il y a des visions divergentes qui prennent souvent la forme de divisons verticales/confessionnelles dans la société.

 

Quant aux retombées régionales, une situation calme au Liban peut diminuer certaines tensions ou du moins réduire les champs de confrontation régionale, surtout entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, ou même entre l’Egypte et la Syrie. La relation d’influence, bien que plus dans le sens «Région/Liban», peut parfois être dans le sens «Liban/Région». Mais comme je l’ai déjà signalé, l’état des choses est plus un état de statu quo dépendant surtout de l’évolution de la «question iranienne» et des négociations entre Téhéran et Washington.

 

Aziz Enhaili : Quels sont, à votre avis, les principaux défis auxquels sera rapidement confronté le gouvernement Hariri? Pensez-vous qu’il aura assez de «nerf» pour pouvoir les relever ou au contraire sa composition hétéroclite pourrait lui jouer de vilains tours?

 

Majed: Le véritable défi, c’est celui de maintenir le gouvernement opérationnel à chaque fois qu’il y a une échéance importante. Ce qui veut dire que nous assisterons dans les prochains mois à des compromis sur tous les niveaux pour éviter l’éclatement du cabinet.

Quant aux priorités du gouvernement, elles sont cinq. D’abord, la question de la sécurité dans le pays, surtout que les tensions communautaires sont exacerbées.

 

Ensuite, la situation au sud Liban: d’un côté, Israël continue de violer la résolution onusienne 1701, ses menaces se succèdent et ses politiques (en territoires palestiniens surtout) font monter la tension dans toute la région; et de l’autre, l’Iran considère que le front du sud est une carte dissuasive en direction d’Israël si d’aventure il attaquait ses sites nucléaires. Aussi, la gestion des conséquences du développement de l’enquête internationale sur l’assassinat de Rafiq Hariri et du travail du tribunal spécial pour le Liban. Encore, la reprise des relations «gouvernementales» avec la Syrie (suite à l’ouverture saoudienne). Ce sujet sera assez délicat vu les ambitions syriennes quant au rôle de tutelle qu’elle souhaite rejouer au Liban (de l’extérieur cette fois) et vu l’aspect symbolique (qui profiterait à Damas) d’une «rencontre» probable entre Hariri et ceux que la majorité des Libanais accusent d’avoir commandité l’assassinat de son père de même que des journalistes, parlementaires et militaires libanais au cours des dernières années. Enfin, la situation économique et financière de plus en plus alarmante, surtout au niveau de la dette publique et d’une croissance faible. Quant aux réformes politiques, administratives, judiciaires ou reliées aux questions sociales dont le pays a besoin, je vois difficilement comment ce gouvernement va pouvoir les traiter. Peut-être la loi électorale sera-t-elle à l’ordre du jour, pour différentes raisons, mais pour le reste, je suis peu optimiste…

 

Entrevue réalisée par Aziz Enhaili pour Tolerance.ca ®.

27 novembre 2009


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