ÇáÕÝÍÉ ÇáÑÆíÓíÉ |
ãÊÇÈÚÇÊ áÈäÇä
|
ãÞÇáÇÊ
|
ÞÖÇíÇ
|
ËÞÇÝÉ æ ãÌÊãÚ
|
æËÇÆÞ
|
ÔÇÑß ÈÑÃíß
ÇáÓÈÊ 18 ÊÔÑíä ËÇäí 2017
ÈíÇäÇÊ/äÏÇÁÇÊÊÞÇÑíÑÇáãÄÊãÑ ÇáÏÇÆã ááÍæÇÑ ÇááÈäÇäíáÈäÇä Ýí ãÌáÓ ÇáÃãääÏÇÁÇÊ ãÌáÓ ÇáãØÇÑäÉ ÇáãæÇÑäÉãÍßãÉ ãä ÃÌá áÈäÇäÇäÊÎÇÈíÇÊ
åÐÇ ÇáãæÞÚ ÇÊÕá ÈäÇ ßÊøÇÈ Ýí ÇáãæÞÚ ÇáäÔÑÉ ÈÍË ãÊÞÏã
 ÊÇÑíÎ Ýí:2008-03-27ÇáßÇÊÈ:ÇáãÕÏÑ: « ÇáÓÇÈÞ ÇáÊÇáí »
 Mémorandum des forces du 14 mars
 à l’occasion de la tenue du Sommet Arabe à Damas le 29 mars 2008
ÚÏÏ ÇáãÔÇåÏÉ: 1632

Le Sommet Arabe se tiendra le 29 mars 2008 à Damas à l’heure où le régime syrien poursuit la plus large et la plus violente campagne agressive jamais lancée par un Etat arabe contre la souveraineté, la sécurité et l’entité d’un autre Etat arabe. Cette campagne se poursuit depuis la décision par la Syrie d’imposer la prorogation du mandat du Président Emile Lahoud aux Libanais durant l’été 2004, le retrait des troupes syriennes du Liban au printemps 2005 et l’obstruction par la Syrie de l’élection d’un nouveau président libanais, prolongeant le vide présidentiel depuis plus de quatre mois. Tout cela s’inscrit dans le cadre de la violation continue par le régime syrien de la loi internationale et des Chartes de la Ligue des Etats Arabes et des Nations Unies ainsi que de son refus permanent de reconnaître l’indépendance et la souveraineté du Liban et de le traiter sur un pied d’égalité et avec respect conformément aux principes de fraternité arabe, aux sincères aspirations et aux intérêts véritables des peuples syrien et libanais.

 

Ce qui suit est un exposé détaillé des aspects, des étapes et des faits de cette violente campagne agressive qui prouve inexorablement l’inéligibilité du régime syrien pour présider ou accueillir toute réunion arabe à n’importe quel niveau alors qu’il persiste à violer quotidiennement la souveraineté, la sécurité et la Constitution de la République libanaise sachant qu’elle est un membre fondateur de la Ligue des Etats arabes.


Etape 1 : Intimider les forces indépendantistes

Suite à la décision syrienne d’imposer la prorogation du mandat du Président Emile Lahoud en violation de la Constitution et de l’opinion de la majorité écrasante des Libanais et au moment où les rangs et la popularité de l’opposition allaient crescendo, le régime syrien a estimé que la prorogation n’était plus suffisante pour assurer sa pérennité au Liban. Aussi a-t-il recouru à la politique de menaces et de terrorisme, en tentant d’assassiner le député Marwan Hamadé qui a miraculeusement échappé à la mort (1 octobre 2004) puis en commettant le crime le plus horrible, à savoir l’assassinat du Premier ministre martyr, Rafik Hariri, accusé d’œuvrer pour l’indépendance de son pays (14 février 2005). Le meurtre de M. Hariri, du député Bassel Fuleihan et de leurs compagnons a donné lieu à une profonde colère populaire qui s’est muée en un large mouvement qui a contribué à la création des circonstances favorables du lancement de « l’intifada de l’indépendance ».

 

Au cours des quelques semaines qui ont suivi le 14 mars 2005, lorsque le peuple libanais s’est soulevé pour revendiquer la vérité et la justice, le leadership syrien a lancé une campagne d’intimidation contre le Liban et ses forces indépendantistes, à travers :


• Une campagne d’assassinats et de tentatives d’assassinat contre: le journaliste et militant Samir Kassir (2 juin 2005), le militant Georges Haoui (21 juin 2005), le ministre Elias el-Murr (12 juillet 2005) et la journaliste May Chidiac (25 septembre 2005) ;


• Des explosions ambulantes dans nombre de régions dont notamment à : Jdeideh (19 mars 2005), Kaslik (23 mars 2005), Bauchrieh (26 mars 2005), Broumana (1 avril 2005), Jounieh à l’encontre des locaux de la « Voix de la Charité » (6 mai 2005), Zalka (22 août 2005) et Achrafieh (16 septembre 2005) ;


• Des agressions récurrentes contre les forces de sécurité par des groupuscules palestiniens inféodés à la Syrie dans les régions de la Békaa et de Naameh, au sud de la capitale Beyrouth ;
• La fermeture répétée des frontières libano-syriennes à partir de juin 2005.


Etape 2 : Œuvrer pour le renversement du pouvoir légitime libanais et entraver la mise en place du Tribunal international

Après la publication du premier rapport de la commission d’enquête internationale (20 octobre 2005) qui a pointé un doigt accusateur contre des responsables sécuritaires syriens, et pour confirmer « l’existence de plusieurs ficelles qui démontrent l’implication directe de responsables sécuritaires syriens » dans l’assassinat du Premier ministre martyr Rafik Hariri, le régime syrien a décidé de passer de la politique d’intimidation contre les forces indépendantistes et de stabilisation du gouvernement libanais au renversement du pouvoir légitime libanais issu des élections libres tenues en juin 2005 et l’obstruction de la mise en place du tribunal international.

 

Le Président syrien a donc lancé sa campagne dans son fameux discours du 10 novembre 2005 où il a considéré que « la vérité est devenue un slogan d’ironie et de sarcasme au Liban », que la Syrie « a elle-même formé une commission d’enquête » et que les attaques contre Damas visaient à « saper la Résistance libanaise et à imposer de nouveaux accords avec Israël ». Quelques jours après le discours du Président syrien, le quotidien syrien « Techrine » a appelé l’opposition à organiser une manifestation au centre-ville afin de renverser le gouvernement (14 novembre 2005). Le 15 novembre 2005, l’annonce à Tripoli de la mise en place d’un « organisme d’appui à la résistance irakienne » était directement fomentée par les services de renseignements syriens au Liban. Le 12 décembre 2005, le régime syrien a assassiné le député et journaliste Gibran Tuéni dans une tentative soutenue d’intimider la commission d’enquête internationale comme l’a déclaré ultérieurement son premier chef, Detlev Mehlis.

Le plan syrien est effectivement entré en vigueur dès la fin de la guerre de juillet 2006. Le Président syrien, Bachar el-Assad, a ainsi déclaré que l’opposition libanaise devait « transformer la victoire militaire en victoire politique ». Il a considéré les forces du 14 mars comme « un produit israélien », estimant que « l’assassinat de Hariri est un jeu qui a été exploité » (15 août 2006). Pour sa part, l’Iran a appelé a la création « d’un nouveau Moyen-Orient islamique » (16 août 2006), et son Président a déclaré que « l’arène libanaise incarnait la résistance du peuple iranien à Saddam Hussein » (17 août 2006).

 

Les préparatifs destinés à renverser le tribunal international ont sérieusement commencé durant la guerre de juillet. Le Président de la République dont le mandat a été prorogé anticonstitutionnellement et sous la pression du diktat syrien, Emile Lahoud, en a pavé la voie en annonçant, alors que les combats faisaient rage, qu’il « faut envisager la responsabilité d’Israël dans l’assassinat de M. Hariri » (2 août 2006), et que « le cratère du Saint-Georges est similaire à celui causé par les missiles israéliens » (4 août 2006). Dans le cadre de ces préparatifs, le Secrétaire Général du Hezbollah a par la suite précisé qu’il réclamait le remaniement du gouvernement dans le but de modifier l’équilibre politique et ce, en accordant à l’opposition la minorité de blocage au gouvernement afin d’empêcher la majorité d’imposer ses décisions aux autres (12 septembre 2006). A la cérémonie de « la Victoire Divine » (22 septembre 2006), le Secrétaire Général du Hezbollah a menacé le pouvoir libanais en affirmant que « la Résistance est plus puissante que jamais et détient plus de 20 mille missiles ».

 

Toujours est-il que l’opposition n’a pas réalisé le changement escompté. Ses ministres ont par conséquent présenté leur démission dès lors que le gouvernement a reçu le projet de statut du tribunal international et ont considéré le gouvernement comme « illégitime » et « inconstitutionnel », donc incapable de trancher la question du tribunal. Le même jour, le Secrétaire Général adjoint du Hezbollah a mis en garde contre le fait que « la démission sera suivie de démarches » et que « le recours à la rue ne sera pas une manifestation d’un jour ».

 

Ces menaces se sont pratiquement traduites par :
• L’assassinat du ministre et député Pierre Gemayel le 21 novembre 2006 ;
• La proclamation de la création de « Fateh al-Islam » à l’issue d’une scission au sein de « Fateh al-Intifada » (28 novembre 2006) ;
• L’appel par le Président Emile Lahoud à l’insubordination civile (« Il n’est point improbable que les fonctionnaires de l’Etat s’abstiennent de suivre les ordres du gouvernement illégitime »- 29 novembre 2006).

 

Le 1er décembre 2006, l’opposition a lancé un coup d’Etat « dans la rue » et a ainsi occupé le centre-ville en le transformant en un camp protégé par l’appareil sécuritaire du Hezbollah. Elle a tenté d’assiéger le Sérail afin de renverser le gouvernement par la force. Toutefois, elle s’est rétractée après avoir échoué à réaliser ses objectifs. Le 23 janvier 2007, l’opposition a renouvelé ses tentatives visant à renverser le gouvernement en déclenchant « l’intifada des pneus ». Une fois encore, elles se sont soldées par un échec. De son côté, le régime syrien a essayé d’empêcher les forces du 14 mars d’organiser une manifestation à l’occasion de la commémoration du deuxième anniversaire de l’assassinat du Premier ministre martyr, Rafik Hariri, en faisant exploser deux bus à Aïn Alak le 13 février 2007. Le bilan était de trois morts et de 23 blessés.
 
Etape 3 : Œuvrer pour le démantèlement de l’Etat libanais

Après l’envoi d’une pétition signée par la majorité parlementaire sollicitant l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies de la mise en place du Tribunal à caractère international (le 3 avril 2007), et suite à l’adoption de cette instance sous le Chapitre 7 de la Charte de l’ONU, le 30 mai 2007, le régime syrien a décidé de démanteler l’Etat libanais, afin de faire le troc du tribunal international contre la préservation de la République. La décision syrienne s’est traduite par les tentatives de:

 

1- Saper la paix civile

Le régime syrien a orchestré une opération de vaste ampleur au Liban nord, visant à désintégrer le pays en vue de le transformer de nouveau en multiples entités rivales, en incitant « Fatah al-Islam », un produit purement syrien étant donné que son dit leader Chaker al-Absi avait été libéré d’une prison syrienne avant d’entrer au Liban, à établir un Etat islamique extrémiste au Liban nord. En mobilisant « Fatah al-Islam », ce régime avait pour objectif de réaffirmer l’importance de son rôle dans la normalisation de la situation au Liban et afin d’empêcher l’établissement d’un nouvel Irak au Liban nord. Cette tentative s’est soldée par un échec grâce à l’intervention déterminante de l’armée libanaise, au large appui populaire qui lui a été accordé, et à la levée de toute couverture palestinienne ou islamique à cette organisation terroriste au Liban, et ce en dépit des propos du Secrétaire général du Hezbollah qualifiant de « ligne rouge » le camp de Nahr el-Bared.

 

L’action de « Fatah al-Islam » a été couplée d’une tentative de créer un Etat islamique extrémiste au Liban nord, dans le contexte d’une intense campagne de terrorisme marquée par :   

 

• La reprise des assassinats : visant le député Walid Eido (13 juin 2007), le député Antoine Ghana (19 septembre 2007), le Général François el-Hajj (13 décembre 2007) et le Capitaine Wissam Eid (25 janvier 2008).


• Explosions dans nombre de régions libanaises : attentats à Achrafieh (20 mai 2007), à Verdum (21 mai 2007), à Aley (23 mai 2007), à Barbir (27 mai 2007) et à Sadd el-Bouchrieh (4 juin 2007).


• Attaques contre les forces des Nations unies et les missions diplomatiques au Liban : attentat visant le contingent espagnol de la FINUL (bilan : 6 morts, le 24 juin 2007), attentat contre un véhicule de l’ambassade des Etats-Unis au Liban (bilan : 3 morts et 26 blessés, le 15 janvier 2008), et menaces adressées aux ambassades d’Arabie saoudite et du Koweït à Beyrouth.

 

2-  Enfreindre la Constitution et paralyser les institutions étatiques

L’opposition pro-syrienne a proposé de réviser les Accords de Taëf, afin de restituer au Président de la République ses prérogatives de l’avant-Taëf (l’opposition chrétienne), et de remplacer le principe d’égalité entre les Musulmans et les Chrétiens au Liban par un partage du pouvoir sur base de trois tiers égaux entre Chiites, Sunnites et Chrétiens (Le Hezbollah). Les deux objectifs susmentionnés, quoique contradictoires, s’inscrivent dans le cadre des tentatives de saper la légitimité institutionnelle de l’Etat. 
 
L’opposition a modifié la signification des principes du consensualisme et du partenariat intercommunautaires, en suggérant qu’ils octroient au parti politique dominant au sein d’une communauté un droit de veto contre l’Etat et les institutions étatiques.  En partant de cette interprétation erronée, le « Hezbollah » et le mouvement « Amal » ont considéré le gouvernement en place comme non-consensuel et inconstitutionnel rien qu’en retirant leurs représentants au Cabinet. Le Président de la Chambre des députés est allé plus loin, en fermant les portes du Parlement et en s’attribuant la responsabilité exclusive d’interpréter la Constitution. Aussi a-t-il ôté au Parlement et au Conseil constitutionnel qui était alors en gestation leurs rôles respectifs.

 

Le Vice-président syrien Farouk el-Chareh qui a estimé, le 12 décembre 2007, que la Syrie « détient désormais une force réelle sur le territoire libanais », a expliqué la notion de la démocratie au Liban. Il a considéré que le pays « possède ses spécificités, le succès de tout gouvernement au Liban devant être fondé sur l’entente et l’accord national. » Idée qui contredit le principe même de la démocratie, laquelle stipule le droit au vote à la moitié plus un, quelle que soit la position de l’opposition. » (10 janvier 2007) Cependant, Chareh n’a pas justifié pourquoi la Syrie, qui avait contrôlé le Liban entre 1990 et 2005, n’avait pas pris en compte cette notion, tenant à l’écart l’opposition, quinze années durant. Il n’a pas expliqué non plus comment Damas avait imposé deux présidents de la République en dehors du cadre de « l’entente », prorogé leurs mandats présidentiels de façon anticonstitutionnelle, et appliqué des lois électorales enfreignant les bases les plus élémentaires de la démocratie au Liban.

 

3- Créer un vide du pouvoir

L’opposition a mis en œuvre la décision du régime syrien visant à empêcher l’organisation de l’élection présidentielle, en exigeant un quorum des deux tiers au Parlement pour déclarer valide la sélection d’un nouveau président, et en menaçant les forces de la majorité d’un « mal suprême » en cas de vote à la majorité absolue.
L’opposition s’en est référée à l’usage, en vue de justifier le quorum des deux tiers mais elle n’a pas pris en compte cette même coutume qui exige que les députés aillent aux urnes et assument leurs responsabilités constitutionnelles entières. Evidemment, nulle Constitution dans un Etat du monde n’autorise à une partie, serait-elle majoritaire ou minoritaire, d’entraver l’établissement des institutions de l’Etat.

 

Le Président Berry a essayé d’atténuer la position de l’opposition en proposant l’élection d’un président « de consensus » en échange du quorum. Toujours est-il que lorsque la France a entamé son action pour matérialiser « l’idée » du Président de la Chambre en priant le Patriarche maronite de faciliter le processus et de fournir une liste nominale des candidats présidentiels, l’opposition a modifié sa position et a fait échouer l’effort français. L’initiative engagée par les ministres arabes des Affaires étrangères pour élire, sans délai, le Commandant-en-Chef de l’armée libanaise le Général Michel Sleiman à la première magistrature (5 janvier 2008) subirait, semble-t-il, le même sort de toutes ses précédentes.

 

4- Détruire l’économie

Le succès des tentatives de démanteler l’Etat libanais requiert le délabrement de l’économie nationale. C’est l’objectif recherché par la Syrie et ses acolytes.

Avant le déclenchement de la guerre de juillet 2006 et au lendemain de la mise en place du premier gouvernement indépendantiste, l’économie libanaise avait enregistré des taux de croissance inescomptables. La croissance du PIB a marqué un taux record se chiffrant à  9 pour cent au cours du premier semestre de l’année 2006.  Cependant, la situation a changé. Après la guerre de juillet, des pertes évaluées à 8.4 milliards de dollars ont été incombées à l’économie libanaise. Ce chiffre ne reflète point le bilan de cette dernière agression contre le Liban qui devrait reconstruire tout ce qui a été détruit, avec un tribut encore plus lourd, à savoir la fuite de quelque 220000 jeunes hautement qualifiés vers d’autres pays, soit 20% de la population active au Liban et plus de 50% de la population active âgée de moins de 35 ans. Le « sit-in » des forces du 8 Mars au centre-ville de Beyrouth – un « sit-in » ordonné par le régime syrien pour des fins non seulement politiques mais également économiques (transfert des investissements arabes résultant du boom pétrolier du Liban vers la Syrie) – a provoqué de lourdes pertes, la fermeture de nombreuses institutions au centre commercial de Beyrouth, le licenciement de plus de dix mille employés, ainsi que la suspension des flots d’investissements dans le cœur battant de la capitale, investissements escomptés à 4-6 milliards de dollars en raison du boom pétrolier des pays du Golfe.

 

A cela s’ajoutent les opportunités de croissance manquées pour l’année 2007 et évaluées à 6 pour cent, soit 1.5 milliards de dollars ; une perte d’un milliard de dollars environ accusée par les recettes de l’Etat ; et une dette publique qui grimpe de 2 milliards de dollars au lieu de diminuer, contrairement à toutes les prévisions. Le bilan de la guerre de juillet jusqu’à la fin de 2007 est égal, voire même surpasse le PNB d’une année entière au Liban, soit plus de la moitié de la dette publique accumulée depuis dix-sept ans.

 

* * * * * *

 

Les Etats arabes amis qui soutiennent le Liban, sa sécurité, sa stabilité et son rôle exemplaire dans cette région, sont appelés à exercer un maximum de pression sur le régime syrien pour contrecarrer ses visées traditionnelles au Liban, et mettre un terme à ses tentatives intolérables et récurrentes de rétablir l’ère d’hégémonie et de tutelle dans le pays, d’entraver la reconstruction de l’Etat, de saper la sécurité et la stabilité libanaises et de poursuivre les assassinats politiques. Par conséquent, la Syrie doit reconnaître de façon claire, expresse et définitive l’existence de l’entité libanaise. Elle doit accepter de démarquer ses frontières, établir des relations diplomatiques, échanger des ambassadeurs avec le Liban, en vertu des décisions issues du dialogue national  et conformément aux Accords de Taëf dont Damas avait refusé l’application au cours de l’hégémonie syrienne sur le Liban. Tout règlement du problème des relations libano-syriennes doit prendre en considération les intérêts libanais. La réorganisation des relations avec la Syrie dépend de la reconnaissance par Damas de l’indépendance libanaise et l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays. Pour atteindre ces objectifs, il faudra que:


• l’Etat syrien cesse de considérer le Liban comme une « province » arrachée à la mère patrie pendant l’ère de la colonisation, ou comme une « arène » pour régler les comptes et conclure des marchés. Il doit reconnaitre, de manière claire, expresse et définitive, que l’Etat libanais est un Etat indépendant ;
• l’Etat syrien cesse de nier la particularité du peuple libanais, en considérant que les Libanais et les Syriens constituent « un seul peuple qui vit dans deux Etats », en s’attribuant le droit présumé et illégitime d’intervenir dans les affaires intérieures libanaises au point d’éliminer l’Etat libanais, et en distinguant de façon injustifiable les deux peuples libanais et syrien des autres peuples arabes ;
• l’Etat syrien place la légitimité de l’entité libanaise sur un pied d’égalité avec la légitimité de toutes les autres entités arabes, l’entité syrienne incluse.


* * * * * *

 

La détermination du régime syrien à maintenir le vide présidentiel au Liban porte des significations politiques particulièrement dangereuses. Cependant, les répercussions de l’absence du seul Chef d’Etat arabe chrétien sur le dialogue islamo-chrétien en Orient sont alarmantes davantage. Cette absence constitue un précédent dans l’histoire des sommets arabes et un message syrien piégé adressé à la coexistence au Liban et dans le monde arabo-musulman.  


Memo 14 Mars au sommet arabe

ÇÖÝ ÊÚáíÞß



ÇØÈÚ ÇáßæÏ:

 áÇ ÊÓÊØíÚ Çä ÊÞÑÃå¿ ÌÑÈ æÇÍÏÇ ÂÎÑ
 
ÊÚáíÞÇÊ ÇáÞÑÇÁ ÚÏÏ ÇáÑÏæÏ: 0