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ÇáÓÈÊ 18 ÊÔÑíä ËÇäí 2017
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 ÊÇÑíÎ Ýí:2008-03-15ÇáßÇÊÈ:ÇáãÕÏÑ: « ÇáÓÇÈÞ ÇáÊÇáí »
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 Le document du 14 Mars définit les grandes orientations politiques de la majorité
 « La culture de la paix et du lien face à la culture de la violence et de l’exclusion »
ÚÏÏ ÇáãÔÇåÏÉ: 1625

Voici de larges extraits de la charte politique du 14 Mars, intitulée : « Ensemble pour le salut du Liban, ensemble pour défendre notre droit à la vie, ensemble pour vivre ensemble dans un État souverain, démocratique et moderne » :
« 64 ans, c’est l’âge de la République libanaise indépendante.
Trente-deux années ont été des années de paix, de sécurité, émaillées par des tensions et des crises
Trente-deux autres années ont été des années de guerre, d’occupations, émaillées par des périodes d’accalmies.
Nous nous trouvons aujourd’hui à une étape cruciale : soit nous opérons un retour de trois ans en arrière et le Liban redevient une arène de violence à bon prix au profit des forces régionales et étrangères, un Liban qui répond aux illusions de certains selon lesquelles l’avenir nécessite encore plus de sang, de douleur et de destruction ; soit nous redéfinissons le Liban et nous en faisons un pays où il fait bon vivre et un État capable d’assumer ses responsabilités.
Aujourd’hui, notre choix est clair, nous voulons compléter le processus que vous avez lancé à la place des Martyrs, au moment de l’assassinat de Rafic Hariri. Nous sommes là aujourd’hui pour lancer un chantier nouveau, une charte qu’il faudra adopter afin de compléter ce que nous avons commencé en 2005.
Nous devons compter sur nous-mêmes et sur les points forts dont nous disposons :
– Nous disposons tout d’abord de notre liberté pour laquelle nous avons combattu et que nous avons défendue, la liberté d’opinion, de croyance, d’expression, de décision et de résistance à l’oppression. Personne ne peut nous phagocyter. Nous n’acceptons pas de mettre de limites à la pluralité de nos appartenances politiques, culturelles et sociales, à la diversité de nos intérêts et de nos sensibilités, ainsi qu’à notre liberté de s’ouvrir aux autres et d’interagir avec eux. Nous avons jeté les bases d’un système démocratique dans ce pays, un système qui n’est pas gouverné par le fanatisme religieux et qui n’est pas gardé par un régime sécuritaire. Nous avons pratiqué la démocratie dans une région non démocratique, et exercé la pluralité dans un environnement qui rejette la différence, ainsi que le développement dans un monde ravagé par les conflits et les angoisses issus du passé.
– Ensuite, nous disposons d’une grande capacité d’agir et d’influer sur le plan du développement au Liban et dans la région, parce que nous accordons toujours de l’importance aux valeurs du savoir, de la culture et de la connaissance. Cette valeur est fondamentale dans ce monde compte tenu du rôle essentiel qu’a acquis l’économie de la connaissance. Nous avons été à l’avant-garde des pionniers de la Nahda au XIXe siècle et nous sommes aujourd’hui capables de contribuer au lancement d’une deuxième Nahda par le biais des jeunes résidents et de la diaspora et de leur énergie créatrice sur le plan de l’innovation et de la production intellectuelle.
– Troisièmement, nous disposons d’une très grande capacité d’ouverture sur le monde et d’une capacité exceptionnelle de communiquer. Le peuple libanais est un peuple qui s’est “mondialisé” avant la mondialisation, et il sait comment tirer profit du réseau qu’il s’est construit à l’étranger pour replacer le Liban au cœur du monde et le monde au cœur du Liban. Nous possédons une place exceptionnelle au sein de la région arabe et un rôle unique reconnu par tous nos frères et qui n’est contesté que par celui qui veut que le Liban constitue un espace soumis à sa tutelle et une arène sur laquelle on étend son influence et dont on abuse allègrement.
– Plus important que tout cela, nous avons fait l’expérience unique de la vie en commun, dans ce monde ravagé par les conflits identitaires, religieux et de civilisations. C’est nous qui avons inventé et pratiqué cette formule. C’est nous aussi qui l’avons aussi violée durant la guerre, mais nous y sommes revenus en fin de compte après l’échec des formules alternatives. La vie commune constitue un rythme de vie qui garantit à l’homme la possibilité de communiquer et d’interagir avec l’autre de manière à ce que sa personnalité s’enrichisse des apports de cet autre, car la personnalité de l’individu se constitue à travers son rapport à l’autre et que cet apport extérieur est d’autant plus riche que cet “autre” est diversifié. Il s’agit d’un style de vie fondé sur la reconnaissance de l’autre et le respect de sa différence et de son unicité, sans volonté aucune de l’annihiler ou de le dominer.
Le renouvellement de cette vision et de cette orientation débute par une révolution dans nos concepts culturels.
Le Liban n’a jamais été à ce point divisé. Cette division n’est pas de nature communautaire, car dans les deux camps qui s’affrontent se trouvent des chrétiens, des musulmans et des laïcs. Elle n’est pas non plus politique au sens étroit du terme, car elle dépasse le conflit sur la gestion de l’État entre une majorité et une opposition. Cette division est d’un tout autre ordre. Elle porte sur la nature même de l’État et son rôle. Elle relève surtout de la culture et met face à face deux visions du monde diamétralement opposées :
Une vision fondée sur la culture de la paix, du vouloir-vivre en commun et du lien avec l’“autre” qui est différent.
Une vision fondée sur la violence et l’exclusion, qui ne se consolide que par le biais de l’exclusion de l’autre jusqu’à son annihilation ou son aliénation.
La différence entre ces deux cultures est fondamentale :
La culture de la paix et du lien prône l’égalité absolue entre les droits des citoyens. Elle considère que les communautés au Liban sont des groupes qui doivent obtenir tous des garanties sur un pied d’égalité et que leur protection dépend de l’existence d’un État qui soit responsable de la sécurité de tous. La culture de la violence et de l’exclusion conçoit ces citoyens comme des numéros agglutinés au sein de leur communauté, et chaque communauté comme étant une minorité menacée constamment dans son existence (...)
La culture de la paix et du lien est fondée sur la diversité, l’ouverture culturelle et l’interaction. La culture de la violence et de l’exclusion est fondée sur une division du monde en deux entités : le bien et le mal, la croyance et l’athéisme. Elle pousse l’homme à avoir peur de vivre avec l’autre et à s’aligner, sans conditions, sur le plus fort (...) Cette culture exploite les facteurs de peur et d’oppression afin de pousser les communautés à rechercher des protections extérieures, dans une tentative de modifier les équilibres de forces internes, avec l’appui de l’étranger.
La culture de la paix et du lien estime que la condition de vie dans une société basée sur la diversité et la pluralité réside dans la primauté de la loi et la justice qui doivent être garanties pour tous. Elle se fonde sur le respect de la victime en tant que telle, sans établir de distinction entre une victime et une autre. La culture de la violence et de l’exclusion conditionne son respect pour la victime à l’identité politique de l’agresseur. De ce fait, nous avons aujourd’hui de bons et de mauvais agresseurs, de bonnes et de mauvaises victimes !
La culture de la paix et du lien implique de tourner la page du passé en admettant la responsabilité collective et individuelle par rapport aux péchés de la guerre. Elle considère toutes les victimes comme étant des martyrs de la nation, de manière que les Libanais – y compris les victimes – ne soient pas divisés en deux camps : le camp des traîtres et le camp des héros (...). La culture de la violence et de l’exclusion est, elle, fondée sur la mémoire sélective (...) afin d’empêcher les gens de communiquer entre eux.
La culture de la paix et du lien considère la religion comme un moyen de fédérer les Libanais, estimant que la religion est à Dieu et la nation à tout le monde. La culture de la violence et de l’exclusion œuvre à monopoliser la religion et s’arroge le droit de déterminer le bien et le mal (...). Ce monopole est à la base de l’extrémisme religieux.
La culture de la paix et du lien vise à convaincre le rival, à lui présenter une argumentation et à chercher un terrain d’entente. La culture de la violence et de l’exclusion se sert du discours politique pour “tuer” le rival symboliquement, moralement, par le biais du mensonge, de l’insulte et des accusations de traîtrise, ce qui pave la voie à celui qui veut le tuer physiquement.
Notre avenir national est lié à notre capacité de jeter les bases de la culture de la paix et du lien dans notre vie nationale. Cela nécessite des décisions drastiques :
1) Décider de consolider notre indépendance en garantissant l’unité nationale qui est une condition sine qua non de cette indépendance. Cela nécessite de dépasser les conflits communautaires qui ont ensanglanté notre pays durant la moitié d’un siècle et d’opter, sur la base de l’accord de Taëf, pour l’édification d’un État civil moderne, fondé sur la séparation entre les droits des citoyens et les obligations de l’État, sans distinction entre un citoyen et un autre (...). La mise en place d’un État démocratique, moderne, civil, libéré des liens communautaires et du clientélisme qui entravent le travail des institutions et annulent le principe de la compétence (...) ainsi que le principe de l’égalité sociale. Cet État libère les communautés du “complexe de la peur de l’autre” qui est à la base de toutes les politiques communautaires (...)
2) Décider de consolider notre souveraineté en redynamisant rapidement les institutions et en les réorganisant ainsi qu’en donnant à l’État, et à l’État seul, les prérogatives de garantir la sécurité pour tous, individus et société (...). C’est pour cela qu’il convient de donner à l’État la compétence exclusive de l’usage de la force, pour ne pas qu’il y ait au Liban deux armées affiliées à deux pouvoirs différents : le pouvoir de l’État libanais et le pouvoir d’un pays étranger.
3) Décider de préserver notre indépendance en reconsidérant le concept même de la résistance, qui est par ailleurs un droit du peuple libanais dans sa lutte pour la survie sur son territoire et pour la liberté. La résistance doit permettre de consolider la force de l’État. La résistance est ainsi fondée sur les points forts du peuple et non ses faiblesses. Elle est plus forte dans sa lutte contre l’extérieur si le front intérieur est uni et que l’État est efficace, l’armée forte et l’économie énergique. Une résistance qui classifie les gens entre une majorité “traître” et une minorité “nationaliste” n’en est pas une. Une résistance qui lie le destin des gens par les aides et le soutien social n’en est pas une. Une résistance qui œuvre à annuler la décision nationale pour servir les intérêts de l’extérieur n’en est pas une. Le but final de la résistance est de bâtir un État libre et souverain.
4) Décider de garantir notre indépendance en assurant une conjoncture arabe adéquate :
– En s’engageant dans la bataille dont le monde arabe est le théâtre afin de dépasser les clivages politiques et de pensée imposés par la guerre froide pendant plus d’un demi-siècle. Cela implique de recouvrer son droit à récupérer son autonomie de décision et à être maître de son destin et de son avenir. Dans ses efforts visant à se restructurer politiquement, le monde arabe est confronté à des forces régionales, l’Iran et Israël, qui tentent de le maintenir dans la situation dans laquelle il se trouvait, en se substituant aux grandes nations dans la tentative de prendre le contrôle de son destin. Ces deux pays entretiennent entre eux une relation à la fois de complicité et d’animosité : complicité dans la confrontation avec les Arabes et animosité dans la détermination de leurs régions d’influence. Le terrorisme qui prend pour cible le monde arabe, qu’il soit exercé par des armées régulières ou des groupes occultes, est le fruit de cette complicité objective qui a fait échec à l’accord de La Mecque entre les Palestiniens et qui s’emploie à torpiller l’initiative arabe. L’un des aspects les plus significatifs de cette complicité réside dans la protection internationale qu’Israël s’emploie à assurer au régime syrien dans sa guerre contre le Liban.
– En s’associant et en soutenant les transformations qui ont lieu actuellement au sein du monde arabe, où un nouvel ordre régional arabe est en train de se dessiner loin de la démagogie qui a longtemps prévalu ; cette transformation a été réaffirmée dans la déclaration de Ryad rendue publique au terme du sommet arabe de mars 2007. Cette déclaration définit, pour la première fois, les fondements arabes de la culture du lien face à la culture de l’exclusion qui continue de sévir dans la région.
– En tournant la page du passé avec la Syrie et en normalisant les relations avec elle. Cela commence par le retour de la Syrie dans la communauté arabe après avoir été transformée en cheval de Troie qui est entré en confrontation avec les nations arabes. La Syrie doit reconnaître l’indépendance du Liban, respecter sa souveraineté en échangeant des ambassades avec lui et en délimitant les frontières. Pour cela, la Syrie doit cesser de traiter le Liban comme si celui-ci était une “province syrienne” qui lui a été arrachée du temps de la colonisation. Elle doit reconnaître la légitimité de l’entité libanaise. Cette entité est sur un pied d’égalité avec toutes les autres entités arabes, y compris l’entité syrienne. C’est sur cette base qu’il convient de mettre en place un compromis historique qui puisse permettre d’écrire un document commun faisant des deux pays un axe de renouveau au sein des pays arabes. C’est ce renouveau qu’ont prôné les élites syriennes et libanaises dans la déclaration “Damas-Beyrouth, Beyrouth-Damas” en mai 2006, une déclaration qui comprend une révision critique de l’histoire des relations entre les deux pays.
– En tournant la page d’un passé douloureux entre les peuples libanais et palestinien, et ce sur la base définie par l’OLP dans la déclaration de Palestine au Liban, en janvier 2008. Ce document constitue la première lecture critique de l’expérience palestinienne au Liban et ouvre la voie à un dialogue approfondi entre les Libanais et les Palestiniens, d’autant qu’il souligne l’attachement “total et sans réserve” à la “souveraineté du Liban et à son indépendance à l’aune de la légitimité libanaise et sans aucune ingérence dans ses affaires internes”. Le document souligne également l’attachement “au droit du retour et le refus de l’implantation” et l’assurance que “les armes des Palestiniens doivent être soumises à la souveraineté de l’État libanais et ses lois, conformément aux nécessités de la sécurité nationale libanaise”.
Pourquoi le Liban subit-il depuis trois ans cette attaque sauvage et continue ? Est-ce afin d’assurer la participation au pouvoir, comme le réclame l’autre camp, ou encore adopter une nouvelle loi électorale, ou améliorer la situation du courant électrique ? Le fait d’assassiner des leaders, de provoquer une guerre avec Israël, d’occuper le centre de la capitale, d’initier une intifada armée contre le gouvernement, d’agresser l’armée, d’œuvrer pour l’édification d’un émirat sunnite au Nord, de tuer des soldats de la Finul, entre autres actes de violence, a-t-il pour but de réaliser ces revendications ? Ou bien l’objectif est-il de transformer de nouveau le Liban en province syrienne et en tête de pont de l’Iran dans la Méditerranée ?
Nous avons tendu la main à tout le monde après l’assassinat du président Rafic Hariri pour qu’ils contribuent avec nous à tourner la page de l’hégémonie syrienne et à fonder une nouvelle étape, sans vainqueur ni vaincu. Nous avons réitéré cette invitation lors des réunions à la table de dialogue, puis au lendemain de l’agression israélienne durant l’été 2006, puis encore une fois après l’adoption du tribunal international, au printemps 2007. C’est aujourd’hui en tant que majorité populaire et parlementaire que nous renouvelons cette invitation à tous afin de transcender les conflits et participer à la détermination de notre avenir commun, dans la mesure où le salut du Liban bénéficie à l’ensemble du Liban, ou n’est pas tout simplement. L’essentiel dans cette participation est qu’elle repose sur les constantes nationales qui font l’objet d’un consensus entre les Libanais et qui sont déterminées par l’accord de Taëf, les résolutions du dialogue national et les résolutions internationales, pour que nul, à l’extérieur, ne soit plus partenaire dès lors qu’il s’agit d’une décision interne.
L’ensemble de ces principes est le fruit d’une réflexion commune et d’une lutte commune menée par les participants à ce congrès. Nous tenterons de capitaliser sur ces principes et d’essayer de les développer par le biais d’un dialogue et de séminaires élargis. »

 

Ensemble pour le salut du Liban



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