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20 2017
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  :2010-10-01::L'Orient-Le Jour
 Une centaine de politiciens et dintellectuels lancent linitiative de Beyrouth
 en vue dune charte des droits fondamentaux des Libanais
: 1491

Face la culture de la guerre que certaines factions, tant locales que rgionales, tentent d'imposer aux Libanais, et la lumire des multiples atteintes aux droits de l'homme ainsi qu'aux liberts publiques et individuelles, une centaine de responsables politiques, de journalistes et d'intellectuels ont sign un appel, ayant pour titre l'initiative de Beyrouth . Le document a pour but d'initier une mobilisation civile , de mettre en place un cadre de dialogue et d'action, dans la perspective de l'laboration d'une charte nationale des droits fondamentaux des Libanais . Voici le texte quasi intgral de ce document.


Plus que jamais, c'est un puissant sentiment de crainte qui habite aujourd'hui les Libanais, la crainte de voir leur paix civile et leur pacte national nouveau remis en question, parce qu'une partie d'entre eux menacent de s'en remettre aux armes, les plaant devant un choix impossible : renoncer la vrit et la justice... ou subir une nouvelle guerre civile !


L'État est aujourd'hui incapable d'assumer ses responsabilits et de protger la socit (...). Cette crise interne est d'autant plus grave qu'elle est troitement lie la crise de la paix dans la rgion. Certaines puissances rgionales tentent en effet, une nouvelle fois, de prendre le Liban en otage et de l'instrumentaliser au service de leurs intrts.


C'est dans ce contexte qu'un certain nombre de personnalits actives dans le domaine public, refusant d'accepter le fait accompli, ont dcid d'associer leurs efforts pour faire face aux dangers qui guettent le Liban et d'initier une mobilisation civile de grande envergure afin de crer un filet de scurit pour protger les Libanais de toute rdition des expriences dramatiques qu'ils ont vcues durant les trois dernires dcennies.


Ces personnalits ont dcid de lancer l'initiative de Beyrouth qui est un cadre de dialogue et d'action pour parvenir une charte nationale des droits fondamentaux des Libanais , des droits qui sont viols depuis des dcennies sous diffrents prtextes confessionnels et idologiques. Cette charte constituerait un point de dpart pour fdrer les efforts de la socit et lui permettre de recouvrer son dynamisme.


Les signataires de cette initiative tabliront des contacts pour organiser une rencontre largie au cours de laquelle la charte sera discute et adopte dans sa forme finale, et mettre en place un plan d'action pour former un groupe de pression pouvant imposer l'État le respect et l'attachement ces droits fondamentaux.
La charte nationale des droits fondamentaux des Libanais comporte :


1) Le droit des Libanais de vivre dans un pays qui ne soit pas un champ permanent de bataille au service d'intrts partisans ou trangers, un pays o le monopole de la force n'est pas dtenu par des partis politiques ou des milices armes sans partenaire, mais par l'État, o la souverainet de l'État n'est pas limite par l'existence de ghettos communautaires ou tribaux, o la possession des armes est sanctionne... Seul l'État, travers ses institutions constitutionnelles, est autoris prendre des dcisions qui engagent les citoyens.


2) Leur droit tre traits sur un pied d'galit par les autres pays arabes et ne pas tre forcs, comme c'est le cas depuis plus de trente ans, d'assumer seuls le poids du conflit isralo-arabe, les trois pays de la confrontation ayant conclu des accords de paix avec Isral (Égypte et Jordanie) ou tant en ngociation depuis des annes pour le faire (la Syrie, qui entretient le calme au Golan depuis 1973).


3) Leur droit de demander la communaut internationale d'assumer ses responsabilits en ce qui concerne la dfense du Liban, en application des rsolutions qu'elle a elle-mme adoptes, et de mette fin la politique des deux poids, deux mesures qui a longtemps t la sienne dans le conflit isralo-arabe (...).


4) Leur droit de vivre dans un pays o l'individu n'est pas rduit sa seule dimension communautaire, amput de toutes ses autres appartenances qui font sa richesse, et assimil, sans mme l'avoir voulu, un groupe dont les choix et les intrts sont fixs par des forces et des partis politiques qui se sont arrogs, sans mme le consulter, le droit de le reprsenter, et leur droit poser eux-mmes les fondements de leur vie commune en fonction des conditions de l'État et non de la communaut.


5) Leur droit de vivre en paix avec eux-mmes, en entreprenant un travail de mmoire pour tirer les leons de la guerre, et soutenir l'action du Tribunal spcial pour le Liban pour ne pas que leur paix civile soit fonde sur un dni de justice. Or, la justice est la seule garantie de la paix permanente ; la renier porte atteinte au systme de valeurs sur lequel repose notre socit et pave la voie de nouvelles guerres.


6) Leur droit de vivre dans le cadre d'un État de droit o la loi est la mme pour tous, indpendamment des convictions des uns et des autres, o la justice est indpendante du pouvoir politique et ne fait pas de distinction entre gouvernants et gouverns, o les hommes politiques n'ont pas la possibilit de contrler les ressources publiques pour mobiliser leur lectorat, o l'administration n'est pas au service d'intrts communautaires ou partisans et ne laisse pas de place au clientlisme, o la participation du citoyen la vie publique est garantie par une loi lectorale moderne, une dcentralisation administrative...


7) Leur droit de vivre dans une socit moderne et ouverte, respectueuse d'elle-mme, o le citoyen peut choisir de n'tre plus rgi par un statut personnel religieux, mais civil, o la femme n'est plus victime de mesures discriminatoires et peut octroyer la nationalit ses enfants, o le respect de l'tre humain est le mme pour les nantis comme pour les dmunis, pour les travailleurs libanais comme pour les travailleurs trangers, o les lois qui rgissent les murs n'entravent pas la libert de l'individu, o les enfants, les vieux, les handicaps sont protgs et leurs droits prservs, o les lois imposent le respect de la nature, empchent les atteintes l'environnement, prservent le patrimoine historique, protgent la sant des consommateurs...


8) Leur droit de vivre au sein d'un État qui respecte leur systme de valeurs, et d'une socit dans laquelle la religion n'est pas instrumentalise des fins politiques, pour crer des identits cloisonnes qui justifient l'usage de la violence au nom du sacr ; une socit qui condamne la corruption et n'tablit aucune diffrence entre un corrompu et un autre ; une socit o rgne la solidarit et le sentiment de responsabilit gnrale au dtriment des gosmes, individuels ou collectifs ;
une socit consciente qu'elle est responsable d'un pays qui est le patrimoine des gnrations venir.


9) Leur droit runifier les deux ralisations nationales que sont l'indpendance du Liban obtenue en 2005 et la libration du Sud en 2000, au lieu de les placer en position de confrontation, comme c'est le cas aujourd'hui.


10) Leur droit tre trait sur pied d'galit par la Syrie et tablir avec elle des relations normales entre deux pays souverains, dans le respect des institutions et sans ingrence dans les affaires internes. Cela constitue un pralable une rflexion commune sur un nouveau Machrek arabe affranchi des servitudes du sicle pass et des conflits interminables qui l'ont marqus, et libr de la violence qui l'habite actuellement et hypothque son avenir, un Machrek capable de recouvrer le rle d'avant-garde qui a t historiquement le sien durant la priode de la Nahda, un Machrek qui pourrait constituer un ple de renouvellement de l'ensemble du monde arabe.


11) Leur droit tourner la page de la guerre avec les rfugis palestiniens au Liban, travers une relecture responsable de leur exprience commune, et sur base du droit de l'État libanais exercer sa souverainet sur les camps et les groupes palestiniens, et de son devoir d'assurer les droits humanitaires et sociaux aux rfugis sans aucun genre de troc entre droit souverain et droit humanitaire.


12) Leur droit de participer la dfinition d'une nouvelle vision de l'arabit, libre de tout contenu visant l'exploiter au service d'une religion, d'un État ou d'un parti, une arabit moderne qui intgrerait les concepts de diversit, de dmocratie, de tolrance, de respect des droits de l'homme, une arabit qui accorderait la priorit au rglement juste de la question palestinienne et au processus de paix dans la rgion sur base du principe selon lequel il n'y a d'alternative la paix que la paix.


13) Leur droit, chrtiens et musulmans, contribuer, partir de leur exprience commune, l'mergence d'un islam modr face aux rgressions de tout genre qui exposent aujourd'hui le monde arabe au danger d'une guerre civile, et participer ensemble, musulmans et chrtiens, au dbat sur l'apport des chrtiens d'Orient dans les efforts en cours pour jeter les bases d'un nouveau monde arabe.


14) Leur droit, enfin, tre fiers de leur riche exprience dans l'exercice de la libert, de la dmocratie et de la convivialit, et ne pas se soumettre au chantage des dmagogies bruyantes qui tentent de minimiser la porte de cette exprience en se fondant sur les crises successives qui l'ont accompagne. Ce sont ces expriences, avec leurs qualits et leurs dfauts, qui ont donn au Liban la place privilgie qu'il occupe dans le monde arabe et en ont fait un modle pour tous ceux qui aspirent vivre la libert, la diversit et l'ouverture. Elles ont galement contribu, et de manire substantielle, moderniser le concept de l'arabit, en offrant des modles qui sont l'antithse des fondamentalismes de la rgion, commencer par le fondamentalisme sioniste.


Les signataires de cette initiative appellent tous ceux qui sont soucieux de dfendre les droits fondamentaux des Libanais collaborer avec eux pour dvelopper le contenu de cette charte ainsi que l'initiative et signer ce document, pour participer ensemble la confrence en vue d'adopter la formule dfinitive de la charte et de mettre en place un plan d'action pour en matrialiser les articles.

 

Adresse lectronique :beirutinitiative@gmail.com

 

Les signataires de linitiative de Beyrouth
     Partager01/10/2010


Voici la liste des responsables politiques, journalistes, intellectuels et cadres suprieurs qui ont sign le document L'initiative de Beyrouth :


Farid Makari (vice-prsident de la Chambre), Marwan Hamad (dput), Ibrahim Gemayel (consultant), Ernest Eid (avocat), Alexandre Najjar (avocat), Élias Atallah (ancien dput), Samir Frangi (ancien dput), Fars Souhaid (ancien dput), Émile Najm (mdecin), Antoine A. Kiwan (homme d'affaires), Antoine Bchara (ancien prsident de la CGTL), Antoine Courban (mdecin et professeur universitaire), Malek Mrou (diteur), May Chidiac (journaliste), Mona Fayad (professeur universitaire), Nadim Abdel Samad (politicien), Nassir Assaad (journaliste), Nawfal Daou (journaliste), Élie Hajj (journaliste), Chawki Azoury (mdecin), Aymane Abou Chacra (journaliste), Aymane Charrouf (journaliste), Belinda Ibrahim (journaliste), Ziyad Makhoul (journaliste), Michel Hajji Georgiou (journaliste), Michel Touma (journaliste), Michel Lyane (ancien btonnier de l'ordre des avocats de Beyrouth), Michel Mekattaf (politicien), Sami Nader (conomiste), Mayla Bakkhache (assistante sociale), Nadim Koteiche (journaliste), Nassim Daher (crivain et chercheur), Hadi el-Amine (chercheur), Hind Darwiche (journaliste), Émile Bechkanji (gestionnaire), Badya Fahs (journaliste), Bernard Bridi, Berri Assaad (mdecin), Bahjat Salam, Pierre Akl (journaliste), Michel Abou Abdallah (mdecin), Jad Yatime (journaliste), Jean Badih Harb (avocat), Jihad Farah (ingnieur), Georges Melhem (consultant), Joumana Nasr (journaliste), Houssam Gergs (mdecin), Hussein Kassem (enseignant), Hekmat Eid (avocat), Hanine Ghaddar (journaliste), Khaled Hachem (ingnieur), Raja Noujaim (militant), Raphal Tabet (mdecin), Ramzi Hafez (conomiste), Raymond Maalouf (ingnieur), Zahwa Majzoub (professeur universitaire), Ziyad Sayegh (crivain), Zeina el-Rezz (journaliste), Samer Ayyache (ingnieur), Sami Chamoun (avocat), Saad Kiwan (journaliste), Ahmaed Youssef (enseignant), Salmane Andari (journaliste), Sanaa Jack (journaliste), Simon G. Karam (avocat), Charles Jabbour (journaliste), Chehad Sacre (homme d'affaires), Chawki Dagher (avocat), Ismal Charafeddine (travailleur social), Chrine Abdallah (militante), Sabah Fars (enseignant), Talal Khoja (professeur universitaire), Tony Khawaja, Aziz Karam (syndicaliste), Imad Moussa (journaliste), Omar Harkous (journaliste), Fady Toufic (crivain et journaliste), Fady Antar (mdecin), Philippe Souhaid (mdecin), Kamal Zouki (avocat), Kamal Richa (journaliste), Mohammad Chami (journaliste), Mohammad Hussein Chamseddine (crivain), Mohammad Hamdane (journaliste), Mohammad Machmouchi (journaliste), Tony Habib (ingnieur), Mohammad Farid Matar (avocat), Moustapha Fahs (journaliste), Melkar Khoury (militant des droits de l'homme), Maurice Faddoul (avocat), Miyad Hadar (avocat), Michel Youssef Khoury (avocat), Nabil Kharrat (mdecin), Nazih Darwiche (militant), Nasr Farah (prsident d'un conseil municipal), Nawal Nasr (journaliste), Wissam el-Amine (journaliste), Youssef Zein (homme d'affaires), Youssef Bazzi (journaliste) et Youns Chibli (mdecin).

 


 





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